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Bien curieuses ces boîtes noires d'entomologiste comme nouvelles créations textiles de Muriel Crochet...
Examinons-les
justement à la manière d'un chercheur d'insectes.
De l'entomologiste, l'artiste a gardé le geste, la minutieuse et délicate mise en scène en boîte : épingles et boîtes
professionnelles, conservation d'espèces rares et brillantes, souci du détail.
L'idée de départ fut de garder précieusement
les chutes des fils coupés de ses tapisseries. En tissant et en coupant, la lissière se retrouvait couverte
d'une nuée de fils colorés. Ainsi colonisée, elle s'amusa à filer la métaphore : mes fils volent comme des papillons, je
vais à la chasse aux papillons. D'abord, elle broda les étoffes volatiles
juste le nombre de points nécessaires à leur donner un corps et à leur
laisser justement le caractère épars. Ensuite, elle choisit des champs
colorés pour qu'ils vivent heureux dans leur boîte : des transparents
d'anciens papiers peints - de collection eux aussi. Afin qu'il y ait osmose
entre les insectes et leur support, elle choisit de piquer les supports
- à la machine - comme les insectes étaient piqués - par les épingles.
Alors le jeu continue : il nous faut regarder à la loupe le chemin des fils, les nuances des couleurs, les différences d'aspect, l'origine des
brillances en cherchant à savoir ou non s'ils appartiennent au support ou à l'insecte.
L'envie de l'artiste au départ étant de donner vie aux fils-papillons, elle ne put se résoudre à les laisser enfermés. Les boîtes s'entrouvrent.
Les petits motifs sans trame s'envolent et valsent sur le mur. Minuscules tapisseries aériennes formant une tapisserie très libre. Une manière
insolite de concevoir la création textile.
Tapis(serie) volant(e) où merveilleux, poésie et jeu s'entremêlent.
Elisabeth de Vaulx |